Je suis en transit, entre deux correspondances, je reviens d’un voyage durant lequel j’ai combiné boulot,- un mandat de formation  à l’étranger – et une petite vacance.  Je prends mon mal en patience car le transit s’annonce long, huit heures d’attente à tuer. Je viens d’atterrir après un vol de 12 heures et je suis exténuée.  Je dois tuer le temps ou c’est lui qui aura ma peau, KO, car je suis morte de fatigue.  Cette fatigue s’est emparée de mon corps et je sens que le temps ne tardera pas à tuer le peu d’énergie et d’attention  qui me reste pour demeurer alerte  et ne pas sombrer dans les bras de Morphée et rater mon prochain vol. Mes paupières sont lourdes comme des bouteilles de butane et je songe à mettre des cure-dents entre mes deux paupières afin d’empêcher leur fermeture.  Alors, je fais les cents pas afin de résister à l’appel d’une petite ronflette.  Je fais du lèche-vitrine aux abords des boutiques grand-Luxe et du lèche-magazine dans les boutiques accompagnatrices des voyageurs.  Vous savez ces boutiques où l’on trouve des confiseries, des magazines très intéressants et très ennuyants, des livres, des sandwiches et des  boissons hors de prix (quoiqu’ils soient détaxés!), des accessoires de voyage et des clopes.  Bref, le magasin général du voyageur!

Je feuillète un magazine, un article intéressant attire mon attention.  Comme je suis trop fatiguée pour rester debout et lire l’article au complet, je regarde le prix, fais un petit calcul mental de conversion de devises dans ma tête,  j’hésite, je me dis,  » si tu crois que l’éducation coûte cher, essaie l’ignorance ».  Cette phrase me convainc d’investir dans 150 pages de formation.  D’autant plus que le caissier commençait à me jeter des regards désapprobateurs!

Alors je vous résume la lecture intéressante de cet article.  Je suis convaincue que vous reconnaîtrez ce type d’individus dans votre entourage élargi.  Si c’est le cas, soyez bienveillants et partagez cet article, il pourrait sauver leur carrière (et peut-être la vôtre!)

Dacher Keltner, professeur de psychologie de l’Université de Californie, après 20 ans de recherches comportementales, a mis sur pied un schéma troublant de comportement.  Ouf!

Il a observé, que de façon générale, l’avancement, les promotions ou de plus grandes responsabilités, bref, le gain de pouvoir en général est attribuable à des qualités de noblesse et des actions bienveillantes telles que l’empathie, la collaboration, l’ouverture d’esprit et le partage.  Toutes des actions et des qualités de leadership qui font avancer les autres.

Mais au fur et à mesure que les gens gravissent les échelons vers le sommet  et gagnent en pouvoir, ces belles qualités essentielles de leadership s’estompent.  C’est la perdition de toute élégance professionnelle.  Les effets de l’altitude se font ressentir : malfonctionnements du cœur  et de la tête qui se traduisent par une perte de sensibilité et du sens de l’éthique.  L’apparition de ces symptômes ne sont pas sans conséquences graves sur leur santé professionnelle (et personnelle) et sur  celle de leur entourage!

Lord Acton, historien du XIXe  siècle affirmait : «  le pouvoir a réellement tendance à corrompre ».

Dans une expérience qu’il a menée, le professeur Keltner  a réuni des personnes et a formé des groupes fictifs de trois personnes pour un projet d’écriture fictive.  Dans chacun des groupes, un leader était nommé. Après quelques minutes de travail (trente minutes), sur la table, une assiette de biscuits fraichement sortis du four était déposée.  L’assiette contenait quatre biscuits.  Par égard aux autres, chacun prit un seul biscuit.  Et devinez qui a pris le dernier dans la majorité des cas? Le leader nommé.  En plus de prendre le dernier biscuit, « ces leaders » ont démontré un manque de manière flagrant, voire des comportements grossiers : bouche ouverte en mangeant, lèchement de babines et étalement de miettes.  Plutôt ordinaire les leaders?

Que dire de la richesse? Bien Paul Piff, également de l’Université de Californie, conjointement avec le professeur Keltner ont révélé que les automobilistes conduisant une voiture de classe telle qu’une Mercedes ou une BMW ne cédaient le passage aux piétons qu’une fois sur deux, contrairement à ceux conduisant une voiture de classe moyenne qui le cédaient tout le temps.  La Mercedes est-elle synonyme de classe ? L’habit ne fait pas le moine!  Cela dit, je connais des gens qui conduisent des voitures de luxe, Jocelyn, Maxime, Pierre, Aline,  et sont des leaders d’exception et qui ont le souci de l’autre et de leurs employés.  Je les salue! Si vous les croisez, il ne fait aucun doute que vous les reconnaîtrez!

Pour ajouter à cette triste réalité, des enquêtes effectuées auprès d’employés dans vingt-sept pays ont révélé que les riches sont plus susceptibles de se livrer à des pratiques douteuses- voire interdites –  en termes d’éthique, telles que : acceptation de pots-de-vin et tricherie fiscale (« les Panama papers « me viennent en tête).  Et Danny Miller des HEC Montréal ajoute que les PDG détenant des MBA sont plus susceptibles d’agir par intérêt personnel afin de faire augmenter leurs revenus personnels, ce qui fait baisser la valeur de leur société.

Les études démontrent que les gens détenant un certain pouvoir au sein des organisations sont trois fois plus susceptibles de traiter ceux occupant des « postes inférieurs » de manière cavalière et adopter des comportements dépourvus de toute élégance professionnelle, de respect et d’éthique.  En effet, il a été observé que ces supposés « leaders » interrompent leurs « subalternes », font du multitâche dans les réunions, haussent le ton et entretiennent des propos insultants au bureau.

Cette inélégance a des répercussions  considérables sur l’entourage :

  • la réputation des cadres est entachée, ce qui les bloque dans leur progression;
  • les collègues vivent du stress et de l’anxiété, ce qui diminue l’engagement, la performance et la créativité.

Dans un récent sondage, huit cents (800!) employés et patrons provenant de différents secteurs (17 en tout), près de la moitié ont avoué être traités brutalement au bureau et ceci a fait qu’ils ont volontairement diminué leur engagement ainsi que la qualité de leur travail.

Mais heureusement, ce qui distingue l’ humain des animaux, c’est la capacité d’agir avec sa conscience :

  • la conscience c’est l’élément le plus important du leadership.  Sans conscience – pas de leader.
  • la conscience est notre lumière intérieure, ce sens moral et spirituel en chacun de nous.
  • c’est le sens moral, les valeurs, le sens de la justice, l’honnêteté , le respect et de la contribution qui transcendent en chacun de nous.  C’est l’opposé de l’ego (qui lui exerce son ambition au détriment des autres).

Soyez élégamment professionnel !

 

Suggestions :

  1. Vous avez eu une promotion qui augmente votre pouvoir d’exécution.  Très bien.  Soyez attentif à vos comportements et aux sentiments que vous procurent vos nouvelles responsabilités.  Si vous vous sentez tout-puissant, assoiffé de pouvoir et immunisé contre des comportements non-éthiques, arrêtez-vous et prenez un temps de réflexion.  Ce temps de réflexion permettra  d’identifier vos sentiments, de les nommer et ainsi de calmer vos pulsions abusives.  Exercez-vous tous les jours à la pleine conscience.
  2. Observez vos nouveaux comportements:
    • Interrompez-vous les gens davantage?
    • Votre téléphone est devenu plus important que la personne devant vous?
    • Vos interventions, sont -elles humiliantes ou blessantes?
    • Prenez-vous tout le crédit pour un travail d’équipe?
    • Dépensez-vous plus qu’avant?
    • Et le nom de vos collègues, vous vous en rappelez ?

Si vous avez répondu oui à plusieurs questions, il est temps de redescendre au niveau de la terre ferme afin de mieux oxygéner vos neurones.

3. Développez votre leadership bienveillant:

    • Développez vos compétences d’empathie (Regardez l’autre quand il parle, soyez à l’écoute et intéressez-vous à lui);
    • Développez vos compétences de générosité (partager vos idées)
    • Développez vos compétences de reconnaissance (remercier vos pairs et collègues)

Mettez votre conscience au service de votre élégance professionnelle !

Tous ont une importance.  Ils méritent notre attention et notre intérêt, même si tout ce que nous faisons est de sourire et de dire bonjour.

La conscience, c’est notre feu intérieur.  Allumez-le et gardez le allumé.  C’est notre buisson ardent qui ne se consume pas.

La bienveillance est un sentiment tellement propre au cœur humain que celui qui cesse de l’éprouver doit être considéré comme un être malade ou défectueux.

La modeste et douce bienveillance est une vertu qui donne plus d’amis que la richesse et plus de crédit que le pouvoir.